Mardi 8 janvier, l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) a publié son premier numéro du Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l’année.
Ce premier numéro est un numéro thématique consacré à la pollution atmosphérique : « Épidémiologie et pollution atmosphérique urbaine : l’observation au service de l’action ». (source : Lire le BEH)
Le premier article, écrit par Laurence Pascal, dresse un bilan de 15 ans de surveillance, en France et en Europe, des effets sanitaires causés par la pollution de l’air.
L’article rappelle les travaux ayant mis en évidence l’association entre un excès de mortalité et l’exposition à court terme au particules de diamètres inférieures à 10 µm (PM10), à l’ozone, et au dioxyde d’azote (Selon l’étude Aphea => excès de risque de mortalité totale : + 0,5% et excès de risque de mortalité cardiovasculaire : + 0,7 %). Il rappelle également la mise en évidence pour une exposition au long terme d’un excès de mortalité (totale, cardio-pulmonaire et par cancer du poumon) au États Unis.
Un autre article, écrit par Susann Henschel, passe en revue la littérature pour donner une vue d’ensemble des études relatives aux interventions pertinentes et publiée évaluant les impacts sanitaires de changement de qualité de l’air, spécifiquement dus à des modifications de transport routier, ou trafic en général. L’article présente les bénéfices sanitaires et financiers de l’élaboration et de la mise en œuvre de politiques efficaces en Europe pour réduire la pollution atmosphériques. Il cite notamment la diminution de la teneur en souffre des carburants en 1990, la mise en place d’un péage Urbain à Stockholm en 2006, ou la réduction des embouteillage lors des jeux olympiques d’été à Pékin en 2008.
Un peu plus proche de nous, Arthur De Pas explique dans un encadré qu’à proximité d’un axe routier en Île de France, 45% des particules fines proviennent du trafic local, 15% de la pollution général de l’agglomération parisienne, et 40% de l’import de ces particules. A l’inverse, dès l’éloignement du trafic, seules 8% des particules fines proviennent du trafic alors 70% sont importées.
Enfin, Séverine Deguen présente dans le dernier article de ce numéro thématique, l’état des connaissances sur le rôle que pourrait jouer l’exposition à la pollution atmosphérique dans les inégalités sociales de santé, dans lesquelles globalement, les personnes appartenant aux catégories socioéconomiques les moins favorisées vivent moins longtemps et sont en moins bonne santé.
Deux explications sont envisagées : les populations défavorisées pourraient être exposées à un plus grand nombre de nuisance et/ou à des niveaux d’expositions plus importants, et deuxièmement, les population les plus défavorisées pourraient être plus sensibles aux effets néfastes de la pollution en raison de leur moins bonne santé.
Toujours est-il que ce numéro thématique consacré à la pollution atmosphérique urbaine décrit bien qu’il s’agit d’un problème de santé publique persistant en France et plus généralement en Europe. Il faudra ainsi faire en fonction de ces données, dans les grands chantiers de l’avenir, en considérant que les aménagements favorisant la diminution des différentes pollutions atmosphériques sont à long terme, mais également à court et moyen terme, bénéfiques en terme de santé publique, sans oublier les volets économique et écologique.