Suite aux patrons, et après les praticiens, ce sont les soignants qui ont lancé leur mouvement mi-octobre.
L’objectif suivi est semblable à celui des praticiens : fédérer au-delà des syndicats, les infirmières et les aides soignantes, afin d’exprimer leur malaise, face aux difficultés croissantes rencontrées au quotidien.
Le mouvement s’appelle : Ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes.
Ce mouvement a donc été initié mi-octobre 2012, avec la mise en place d’une page Facebook regroupant aujourd’hui plus de 30 000 membres (voir le groupe : http://www.facebook.com/groups/NiBonnesNiNonnesNiPigeonnes/ ).
Depuis peu, un compte twitter a également été lancé (https://twitter.com/Ni_Bonnes) ce dernier étant suivi par un presque 800 utilisateurs. Chaque tweet commence par l’anaphore « Aujourd’hui, moi, soignante, » comme pour répondre directement à l’anaphore devenu célèbre lors du duel télévisé avant le premier tour des élections présidentielles de 2012.
Le mouvement a également mis en place une pétition qui devrait être transmise au gouvernement (http://www.avaaz.org/fr/petition/Soignants_et_soignes_en_DANGER/?wuJmWcb). Aujourd’hui il ne manque que quelque signature pour atteindre la barre des 7000.
Les messages délivrés par le mouvement sont alarmants. Ils dénoncent leurs mauvaises conditions de travail au sein de la profession. Qu’elles exercent en libéral, à l’hôpital ou en clinique, la pénibilité et la dégradation constante des conditions d’exercice reviennent en permanence.
Plusieurs éléments se détachent de leurs messages :
- la pénibilité croissante au travail
- le manque de moyen pour donner les soins
- la vision comptable due à la Tarification A l’Activité (T2A)
- la violence à l’hôpital (Voir l’article qui évoquait la recrudescence des violences à l’hôpital. )
Leurs revendications principales sont :
- la mise en place de postes supplémentaires adaptés à la réalité du terrain,
- des revalorisations salariales et des honoraires,
- une mise à plat de la nomenclature des actes infirmiers,
- la reconnaissance de leurs années d’étude dans chaque spécialité,
- un vrai statut pour l’aide-soignant.
Elles souhaitent rencontrer la ministre de la Santé pour exposer leurs revendications, aujourd’hui a priori, aucune entrevue n’est prévue.
Si des rassemblements le lundi 7 janvier ont eu lieu dans différentes grandes villes pour alerter l’opinion publique, ce mouvement semble fragile, premièrement par manque de visibilité (pas de site internet, des témoignages anonymes, pas de réelle structure…), mais aussi et surtout un lobbying surement moins pressant sur le ministère de la santé.
Le mouvement des « Ni Bonnes Ni Nonnes Ni Pigeonnes » semble s’orienter vers la constitution d’une association Loi 1901 pour exister, l’avenir dira si ce mouvement connaitra l’ampleur d’un mouvement précédent : « Ni bonne, ni nonne, ni conne » débouchant sur la révolte de 1988.
Une seule chose paraît importante au delà des revendications syndicales ou associatives, anonyme ou non, c’est que la France soit en mesure d’assurer des soins adaptés, au juste coût, pour les bons patients.