Le 31 janvier dernier, plusieurs syndicats appelaient les fonctionnaires à manifester. Les 3 grandes organisations représentatives étaient : la CGT, la FSU et Solidaire. Ce qui fait environ 5,2 millions d’agents de l’Etat, des collectivités locales et des hôpitaux.
Parmi les revendications (gel des salaires, diminution des effectifs) il y a l’instauration, il y a un an par l’ancienne majorité, d’un jour de carence en cas d’arrêt de maladie dans la Fonction publique.
Un jour de carence, c’est le fait de ne pas recevoir (ou donner selon où on se situe) d’indemnité pour la première journée d’un arrêt maladie.
Cette mesure aurait des effets bénéfiques pour les hôpitaux, tant sur le plan économique que sur le taux de présentéisme. Ces conséquences seraient dues à deux effets parallèles : la diminution du nombre de petits arrêts de travail (donc diminution du taux d »absentéisme) et l’arrêt de la participation financière aux indemnités.
Le directeur du CHU de Dijon disait sur Europe 1 « Il y a bien un léger recul de l’absentéisme. Même si on ne peut pas le quantifier, cela représente tout de même une économie annuelle de 400 000 euros pour l’hôpital, c’est à dire 0,2 % de la masse salariale, soit 10 emplois ».
Selon la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, la fréquence des arrêts maladie dans la fonction publique hospitalière a avait progressé de 12 % entre 2007 et 2011, et cette mesure pourrait y mettre fin.
Voici pour la situation dans le service publique, mais qu’en est-il dans le secteur privé ?
Il faut rappeler que les personnes salariées du secteur privé subissent un délai de carence de trois jours quand elles se trouvent dans la même situation. Précisons aussi qu’une fois le délai de carence passé ces mêmes salariés du secteur privé passent sous le régime de la sécurité sociale qui leur verse alors des indemnités journalières égales à 50% de leur salaire de base.
Les entreprises les plus riches mettent en place de indemnités pour se substituer au non-financement ces 3 premiers jours.
Au final, on est encore loin d’unifier le traitement, et l’égalité devant les soins. Si l’absentéisme est une véritable plaie pour les entreprises, de toutes tailles, privées comme publiques, une réforme de ce(s) jour(s) de carence devrait être menée, pour homogénéiser et unifier l’accès aux soins, et pourquoi pas faire des économies de deux ordres pour les entreprises.
La cotisation à une complémentaire santé qui devrait être rendue obligatoire d’ici 2016 sera peut être l’occasion de remettre les pieds dans le plats et de relancer les négociations.