Histoire d’un petit prodige

Jack Andraka

Depuis quelques temps, l’histoire d’un adolescent américain défraye la chronique sur les différents média de toute sorte.

Avant d’en tirer quelques idées maitresses, je ne résiste pas non plus à m’en faire l’écho.

 

Le monde de la santé a connu de nombreuses médicale en 2012. Mais une des plus spectaculaires est à mon sens celle d’un jeune de 15 ans, qui a mis au point un test pour le dépistage du cancer du pancréas.

Jack Andraka, suite au décès de son oncle lorsqu’il n’a que 13 ans d’un cancer du pancréas, se met à essayer de comprendre cette maladie et les moyens de la diagnostiquer. Il ne connait rien de la maladie ni de la médecine.

A force de courage et de recherches sur internet, il dit d’ailleurs que Google et Wikipédia sont les 2 meilleurs amis des adolescents, il essaie de comprendre le déclenchement de la maladie. Il apprend que des milliers de protéines peuvent être détectées dans le sang d’une personne malade, et notamment la mésothéline (MSLN). Cette protéine, est présente naturellement dans les cellules du mésothélium, tissus biologiques, mais est produite en très grosse quantité dans les cellules tumorales. Au delà d’un certain seuil, la concentration de MSLN dans le sang et l’urine est suffisant pour affirmer le développement d’un cancer du pancréas mais aussi des ovaires ou des poumons.

Le fait de diagnostiquer une phase précoce de cancer permet bien évidemment de réaliser une meilleure prise en charge.

Il imagine alors un test rapide et simple : il suffit d’une goutte de sang sur une petite bande de papier. Pour réaliser ce test, il ne faut pas plus de cinq minutes, et seulement quelques centimes. Jack Andraka vient d’inventer un dépistage fiable et bon marché.

L’adolescent rédige son projet. Il l’envoie à deux cents chercheurs (article du Washington Post), dans l’indifférence générale. Jusqu’au moment où un spécialiste de l’université Johns Hopkins, à Baltimore, s’intéresse à sa découverte. Il lui ouvre son laboratoire. Quelques mois plus tard, Jack Andraka reçoit un grand prix scientifique et une récompense de 75 000 dollars.

Désormais, il souhaite donc poursuivre ses travaux afin de produire le test à grande échelle et le rendre disponible pour tous. « Essentiellement, ce que j’envisage est que ceci puisse être sur l’étagère de votre pharmacie. Disons que vous suspectez une maladie… vous achetez le test pour cela. Et vous voyez immédiatement si vous l’avez. Au lieu que votre docteur fasse le test, vous êtes le docteur« , a commenté Jack Andraka.

Jack Andraka n’a pas pris la grosse tête. En s’adressant à d’autres jeunes, il leur dit : « Si un adolescent de 15 ans qui ne savait même pas ce qu’était le pancréas a trouvé un moyen de détecter le cancer, imaginez ce que vous pourriez faire ! »

 

 

Que pouvons nous retenir de tout cela ?

1. Premièrement, le biologiste que je suis (c’est le côté négatif du commentaire) ne peut que déplorer cette vision purement scientifique (et analytique) et non médical d’un examen de biologie médicale.

Comme de nombreux scientifique, ce jeune (prodige) ne visualise que la phase analytique, sans la maitrise complète du processus, de l’accompagnement, pré-ana et post-analytique…

 

Ceci étant dit, et ce qui n’enlève absolument rien à son génie, voici également ce qui à mon sens mérite d’être retenu :

 

2. Une grande découverte ne tient parfois qu’à un fil, lorsqu’on voit qu’il a essuyé 199 refus pour obtenir une seule réponse positive.

 

3. Nous pouvons également faire le parallèle avec ce qu’écrivait Jostein Gaarder dans son roman philosophique « Sofies verden » les enfants savent s’émerveiller de peu de chose, et regarde la vie d’une oeil neuf, sans idées préconçues, ce qui peut leur ouvrir des pistes de réflexions différentes des plus grands chercheurs et penseurs.

Il est indispensable pour « créer » de savoir conserver son oeil neuf.

 

4. La puissance du web 2.0, et principalement de Google. Dominique Dupagne dresse un portrait de google dans son livre « La revanche du rameur« , dont je partage complètement l’analyse, intégrée dans la complexité du web : Le fait que chacun puisse accéder aux informations, et que lors des recherches les moteur de recherche ne s’appuient que sur l‘importance et la qualité du contenu, sont les 2 principales révolutions d’internet permettant un accès partagé au Savoir.

 

Voici donc une grande découverte, dont le cheminement est presque aussi important à mes yeux que l’idée géniale de développer cet examen rapide permettant, on l’espère, d’ouvrir les portes à une meilleure prise en charge des cancers, dont celui du pancréas.